Un jeu de diapasons de la fin du XIXème restaurés

Grâce à cette restauration, le département de physique et la faculté des sciences se dotent d'un très joli jeu d'instruments anciens, accordables, et prêts pour des démonstrations, expositions et projets pédagogiques.

Diapasons
Diapasons

Fig 1. Des images du jeu de diapasons avant et après restauration.

Ces diapasons ont été récupérés dans un très mauvais état dans le sous-sol du musée de médecine de Rockfeller où ils étaient stockés. Ce sont des diapasons fabriqués par le célèbre constructeur parisien Rudolf Koenig (1832-1901) qui a beaucoup travaillé avec Hermann von Helmholtz. Tous deux se sont intéressés à l'acoustique et à l'analyse de la voix ce qui peut expliquer la présence des diapasons en médecine.

La commission patrimoine du Département de Physique de l’Université Claude Bernard Lyon 1 a entrepris de les restaurer en vue de les utiliser dans des projets pédagogiques. Les personnes impliquées dans ce superbe projet sont principalement Alfonso San Miguel, Jérôme Andrieux, Jean Marie Biau et Françoise Khantine Langlois.

Après démontage des éléments en laiton, cinq d'entre eux ont été nettoyés de façon non professionnelle ce qui a permis de voir que l'on pouvait leur redonner un aspect satisfaisant mais demandait beaucoup de temps et n'était possible qu'en extérieur. C'est pourquoi il a été décidé de les confier à un spécialiste. Le financement de l'opération a été réalisé grâce au soutien de la Faculté de Sciences.

La taille des fourches des 15 diapasons varie de 18cm a 40cm avec neuf d’entre eux équipés de plumes pour enregistrement et six avec de miroirs pour projection. Ils étaient rangés dans des coffrets en bois sur mesure. Tous portent la marque Koenig, gravée en dessous de l'intervalle de notes qu'ils donnent. Les différents réglages des curseurs en laiton pour réaliser les accords sont aussi gravés sur les branches. Ces diapasons sont accordables de Ut1 a Ut3 ( 65Hz a 260 Hz environ). Les fréquences sont indiquées, comme il était d'usage à l'époque, en vibrations par seconde VS, donc le double de la fréquence en herz.

Les diapasons munis d'une plume sur l'une des branches étaient destinés à servir comme étalons d'enregistrement de fréquence. Les autres, équipés d'un petit miroir à l'extrémité d'une des fourches et d'un disque de même taille sur l'autre branche pour les équilibrer, permettent un enregistrement optique de la vibration comme on le voit sur ces gravures.

Figure 2
Figure 2

Figure 2. De gauche à droite : une plume ; la marque de Koenig pour un des diapasons ;  les miroirs encore très oxydés.

Figure 3
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Figure 3. Deux images extraites d’un manuel de cours de physique de la fin de XIXème mettant en scène des diapasons

Publié le 4 février 2021